Le support de vélo le plus solide du monde ne vaut que ses quatre vis et le mur qui les tient. C'est la partie que presque tout le monde survole, et c'est elle qui décide vraiment si ton vélo reste au mur ou finit par terre.

Donc avant de percer le moindre trou, le vrai travail consiste à déterminer de quoi ton mur est fait. Cela change tout ce qui suit : les fixations que tu achètes, la perceuse que tu prends, et, dans un cas, si tu peux même y accrocher un vélo en toute sécurité. Voici comment bien s'y prendre pour chaque type de mur.

// Commence ici : de quoi ton mur est-il vraiment fait ?

Donne un coup dessus. Un mur en maçonnerie pleine répond par un bruit sourd et plat, une cloison en plaques de plâtre sonne creux, comme un tambour. Ce simple test te dit dans quelle moitié de ce guide tu te trouves.

La maçonnerie pleine, brique, béton, bloc de construction, est le meilleur cas pour un vélo lourd. La plaque de plâtre n'est pas vraiment un mur au sens structurel, c'est une plaque, et la vraie question est de savoir ce qui se trouve derrière. Détermine-le avant d'acheter la moindre fixation, car la mauvaise cheville dans le mauvais mur est la raison la plus fréquente qu'un support lâche.

Une étape n'est toutefois pas négociable, et elle vient en premier : repère les câbles et les conduites cachés avant de percer. Les câbles électriques courent en général à la verticale et à l'horizontale depuis les prises et les interrupteurs, et une conduite d'eau derrière l'enduit te gâchera la journée. Un détecteur bon marché vaut chaque centime, ne perce jamais à l'aveugle, surtout près d'une prise, d'un interrupteur ou d'un radiateur.

// Maçonnerie pleine : brique, béton et bloc

C'est le cas simple et solide. Un mur en maçonnerie pleine est porteur et tiendra un vélo, vélo électrique compris, avec une belle marge.

La méthode est directe : un perforateur avec un foret à maçonnerie adapté à la cheville, percé à la bonne profondeur, la poussière retirée du trou, la cheville enfoncée à ras et la vis serrée. Les chevilles et les vis fournies avec un support digne de ce nom sont faites exactement pour ça.

Deux types de maçonnerie demandent tout de même un instant de réflexion. Le béton cellulaire, ces blocs légers, clairs et un peu friables, courants dans les constructions récentes (Ytong et similaires), est assez tendre pour que des chevilles ordinaires s'arrachent d'un coup sous la charge. Il faut des chevilles à visser dédiées au béton cellulaire. Et la brique perforée ou creuse, truffée de vides, demande une cheville qui prend appui sur les parois pleines entre les trous, ou un scellement chimique par injection pour un vélo lourd. Si ta maçonnerie n'est pas pleine, dense et rassurante, adapte la fixation plutôt que de te fier à la cheville standard.

// Plaque de plâtre : tout dépend de ce qu'il y a derrière

D'abord l'avertissement honnête, car c'est la ligne la plus importante de ce guide : la plaque de plâtre seule ne tiendra pas un vélo. Les petites chevilles pour plaque de plâtre, prévues pour un cadre photo, sont très loin de supporter un vélo de 10 à 25 kilos que l'on tire, secoue et décroche et raccroche tous les jours. Pour tout ce à quoi un vélo est suspendu, tu fixes dans quelque chose de solide derrière la plaque, jamais dans la plaque seule.

// Trois choses peuvent se trouver derrière :

Des montants en bois ou en métal. La réponse solide et simple. Repère le montant avec un détecteur, ils sont en général espacés de 400 ou 600 mm, et visse directement dans le bois. Un montant tient un vélo sans problème. Prévois la position du support pour que ses fixations tombent sur un montant, plutôt que d'espérer qu'il y en ait un au bon endroit.

De la maçonnerie derrière un vide (pose à la plâtrée). Là où la plaque de plâtre est collée sur un mur en maçonnerie par plots de colle, il y a un vide d'air entre la plaque et la brique. Ici, il te faut une fixation assez longue pour atteindre et s'ancrer dans la maçonnerie derrière, ou des fixations spéciales pour ce type de pose, la plaque elle-même ne porte rien.

Un vrai vide. Si c'est réellement creux, utilise des ancrages métalliques pour murs creux à forte charge, chevilles à bascule à ressort ou similaires, calibrés bien au-dessus du poids de ton vélo, et reste confortablement en dessous de cette valeur. Pour un vélo électrique lourd, sois toutefois honnête avec toi-même et trouve plutôt un montant ou la maçonnerie. Les ancrages pour murs creux sont un dernier recours pour un vélo, pas un premier choix.

// Murs en bois et à ossature

Visser directement dans du bois massif, un montant apparent ou une paroi en bois dans un abri ou un garage, est l'une des fixations les plus solides et les plus tolérantes qui soient. La seule chose à réussir, c'est de s'assurer que la vis mord vraiment dans le bois et pas seulement dans la plaque ou le bardage par-dessus. Utilise des vis à bois d'une longueur raisonnable et ça tiendra sans histoire.

// Poser droit et solide

Quel que soit le mur, quelques habitudes font la différence entre un travail solide et un montage de travers. Utilise le HMB Easy Mounting System fourni avec le support pour que les trous soient correctement espacés et que le support tombe de niveau, un bon support en inclut un précisément pour t'éviter de mesurer à l'œil. Vérifie avec un niveau à bulle avant de valider. Adapte la cheville au mur et la vis à la cheville, et serre le tout fermement sans trop serrer, ce qui ne fait que faire tourner et foirer la cheville.

Et garde en tête qu'un support de vélo ne porte pas qu'un poids statique. Chaque fois que tu montes ou descends le vélo, tu tires dessus, il oscille légèrement, et de temps en temps il prend un coup, donc tu veux des fixations avec une vraie marge de sécurité au-dessus du poids du vélo, pas juste de quoi le tenir à l'arrêt. Cette marge compte le plus avec les vélos électriques, ce qui explique aussi pourquoi ils ont leur place sur de la maçonnerie ou un montant, et jamais sur de la plaque de plâtre seule.

// Quand faire appel à quelqu'un

Si tu n'arrives pas à déterminer de quoi ton mur est fait, à localiser un montant, ou que tu ne te sens tout simplement pas à l'aise avec une perceuse près des câbles et des conduites, fais venir un professionnel. Une courte visite payante coûte bien moins qu'un vélo électrique tombé ou une conduite d'eau percée, et il n'y a aucune honte à ça, un support posé correctement une fois est un support auquel tu ne penses plus jamais.

// L'essentiel

Le support, c'est la partie facile, le mur, c'est le vrai travail. Identifie ce dans quoi tu perces, fixe dans quelque chose de solide, maçonnerie ou montant, jamais dans de la plaque de plâtre nue, repère d'abord les câbles et les conduites, et accorde-toi une marge. Fais ça, et le vélo ne bougera vraiment plus.

C'est pourquoi chaque support Hold My Bike est livré avec le HMB Easy Mounting System : la visserie et des instructions claires pour les murs en brique, en béton et à ossature bois. Le support lui-même est conçu en acier de 3 mm pour tenir bien plus qu'il ne le faut, ta part consiste simplement à l'associer à une fixation solide dans un mur qui peut l'encaisser.

Salutations de Vienne.

Mathias Guggenbichler